Développement et civilisations
Hugues Puel (D&C n°374, mai 2009)
Hugues Puel (D&C n°374, mai 2009)
En mai 2009, Hugues Puel retrace dans Développement et civilisations les 68 ans d'histoire de l'association Économie et Humanisme, fondée en 1941 par le dominicain Louis-Joseph Lebret pour promouvoir une économie au service de l'homme, et dissoute la même année pour raisons financières. Trois âges structurent ce parcours: celui des pionniers (1941-1966), marqué par les grandes enquêtes de terrain et l'influence sur la doctrine sociale de l'Église ; celui des gestionnaires (1967-1989), période de professionnalisation et de reconnaissance scientifique via le CNRS ; puis celui des témoins (1990-2009), où l'écart entre les intuitions humanistes fondatrices et les contraintes économiques finit par avoir raison de l'association. Puel conclut que cette pensée, née de la crise des années 1930, reste pertinente face à la crise financière et environnementale contemporaine.
Prêcheurs, bulletin de liaison de la province de France
Prêcheurs (n°290, octobre 2025)
Ce numéro d'octobre 2025 de Prêcheurs (bulletin de la province dominicaine de France) s'ouvre sur un éditorial du prieur provincial fr. Nicolas Tixier interrogeant le rapport des couvents à la mort et à la mémoire des frères défunts. Le bulletin propose ensuite un entretien avec le théologien thomiste fr. Gilles Berceville sur son parcours intellectuel et spirituel, un dossier Justice et Paix consacré au Mois dominicain de la paix au Cameroun (crises de Boko Haram et de la zone anglophone NOSO) ainsi qu'un commentaire de l'exhortation apostolique Dilexit te du pape Léon XIV sur l'amour des pauvres. Il rend également hommage, en rubrique « In memoriam », à deux frères récemment décédés : Didier Leurent (1935-2025), missionnaire au Mexique pendant soixante ans, et Hugues Puel (1932-2025), économiste et figure majeure d'Économie et Humanisme — dont l'homélie et le témoignage familial soulignent la fidélité à la recherche de vérité jusque dans le déclin de ses facultés. Le numéro se clôt par des informations pratiques : diffusion des Actes du chapitre général de Cracovie, annonce d'une journée thomiste en décembre 2025, et commandes de l'Ordo/calendrier 2026.
La personne, le peuple, l'économie
Économie et Humanisme (n°323, oct.-déc. 1992)
Dans cet article, Hugues Puel retrace les trois grands manifestes qui ont ponctué l'histoire du mouvement fondé par Louis-Joseph Lebret et François Perroux en 1941. Le Manifeste de 1942 dénonce le chaos économique mondial né de la rupture des communautés naturelles et promeut une économie communautaire, organique et centrée sur les besoins essentiels, à mi-chemin entre libéralisme et socialisme. Le Manifeste de 1959, « Pour une civilisation solidaire », élargit la réflexion à l'échelle planétaire : Lebret y définit le développement comme le passage d'une phase moins humaine à une phase plus humaine, critique à la fois capitalisme et communisme pour leur matérialisme, et appelle à une révision de l'éthique des échanges Nord-Sud. Enfin, le Manifeste de 1976, « Pour une économie libérée », réagit au choc pétrolier et à la crise Nord-Sud en appelant à un nouvel ordre économique international fondé sur l'interdépendance, la solidarité entre peuples et générations, et le refus de la domination des plus forts. Puel conclut que ces trois textes, malgré des désillusions historiques, restent fondés sur une conviction commune : tout ordre humain et politique doit s'enraciner dans une éthique.
Regard croisé sur l'éthique
Regards croisés sur l'éthique (2001, Association lyonnaise d'éthique économique et sociale)
Extrait de l'ouvrage Regards croisés sur l'éthique (2001, Association lyonnaise d'éthique économique et sociale), ce document réunit deux chapitres de Hugues Puel. Le chapitre 12, « Bien commun, intérêt général, justice sociale », retrace l'évolution du concept de Bien commun — de saint Thomas d'Aquin, où il reste peu théorisé au plan politique, jusqu'à ses réaffirmations modernes (Maritain, Fessard, Lebret) puis à sa substitution progressive par la notion d'intérêt général et d'intérêt particulier chez Hobbes, Rousseau, Hegel ou Marx, avant d'examiner comment la théorie de la justice de Rawls réintroduit implicitement une conception du bien commun, notamment via la critique communautarienne (Sandel). Le chapitre 13, « Deux approches contrastées de l'éthique macroéconomique », oppose deux voies pour fonder une éthique macroéconomique : celle, réaliste, du mouvement Économie et Humanisme partant des besoins humains fondamentaux (avec ses critiques libérale, néo-marxiste et psychanalytique), et celle, abstraite, de la philosophie du contrat social reprise par John Rawls (voile d'ignorance, principes d'égalité et de différence), prolongée par les débats avec Amartya Sen (capabilités de base) et Philippe Van Parijs (allocation universelle). Puel montre ainsi la complémentarité possible entre une approche concrète ancrée dans les besoins et une approche procédurale de la justice sociale.
Un humanisme pour notre temps
Texte de Hugues Puel
Extrait de Economie et Humaniste, n°323, octobre décembre 1992.